Apocalypse 13

Se pourrait-il que le scénario de la fin des temps tel qu’il est enseigné dans la chrétienté ne soit pas biblique ?

On oublie souvent que la Bible est un livre moyen-oriental dont les récits se déroulent tous au Moyen-Orient. Les Écritures se focalisent sur le Moyen-Orient/la terre d’Israël/Jérusalem de la Genèse à l’Apocalypse. Il est donc logique que le scénario biblique de la fin des temps décrive des événements qui se déroulent dans cette partie du monde. La Bible ne parle pas (ou très peu) de ce qui va se dérouler dans le reste du monde durant la dernière semaine de Daniel.

Voici un premier extrait de la Bible des Racines Hébraïques qui apporte un nouvel éclairage sur Apocalypse 13, notamment sur l’identité des deux bêtes dont il est question dans ce chapitre, et sur la marque de la bête. Comme nous allons le voir, l’interprétation ici s’éloigne du scénario généralement mis en avant dans le monde chrétien, à savoir, la résurrection d’un empire romain, un antichrist occidental dont le règne sera global, la présence de deux personnages principaux : l’antichrist et le faux prophète, etc.

Les commentaires peuvent paraître déroutant au premier abord, mais cette interprétation s’accorde parfaitement avec tous les passages bibliques des écrits de l’Ancienne Alliance. Soyons comme les Béréens : examinons chaque jour les Écritures, pour voir si ce qu’on nous dit est exact !

Apocalypse 13.1-5

La première bête

1 (12-18)[1] Et je me tins debout sur le sable de la mer ; (13-1) Et je vis monter de la mer une bête[2] [3] qui avait dix cornes et sept têtes et sur ses cornes, dix couronnes, et sur ses têtes un nom de blasphème.[4] 2 Et la bête que je vis était semblable à un léopard, et ses pattes comme [celles] d’un ours, et sa gueule comme la gueule d’un lion.[5] Et le dragon[6]  lui donna sa puissance et son trône,[7] et un grand pouvoir. 3 Et l’une de ses têtes [était] comme ayant été égorgée à mort ; et la blessure de sa mort fut soignée.[8] Et toute la terre[9] était dans l’admiration derrière la bête.[10] 4 Et ils se prosternèrent devant le dragon parce qu’il avait donné le pouvoir à la bête ; ils se prosternèrent devant la bête,[11] en disant : qui est semblable à la bête, et qui pourra faire la guerre avec elle ? [12]


[1] Nous passons maintenant à la description de la bête à sept têtes et dix cornes qui est étroitement associée au dragon. Nous avons très probablement affaire à un royaume et à celui qui sera à la tête de ce royaume (l’antichrist) durant les événements qui se dérouleront pendant la moitié de la 70ème semaine de Daniel. Tout laisse à croire que l’action se déroulera principalement au Moyen-Orient – et sur la terre d’Israël – mais qu’elle affectera le monde entier.

[2] Il est important de comprendre que selon le contexte, la bête est à la fois un royaume (composé d’une multitude d’hommes), une idéologie (toutes les Écritures pointent en direction de l’islam) et un homme (l’antichrist). Ces identités sont interchangeables. Il est donc nécessaire de prendre ce fait en compte pour bien saisir le contexte et comprendre à qui nous avons affaire.

[3] La bête monte de la mer. Dans le langage allégorique des Écritures, la mer symbolise une multitude de nations et de peuples. La mer et les eaux symbolisent des groupes ethniques (cf. Daniel 7.2 ; Jérémie 51.41-42 ; Ézéchiel 26.3 ; Apocalypse 17.1,15). En d’autres termes, cette bête surgit d’une multitude de nations. Le chapitre 7 de Daniel utilise une expression similaire pour décrire l’apparition des quatre animaux. Les quatre empires « sortirent de la mer ». Beaucoup avancent que la « bête qui monte de la mer » correspond à un homme, à l’antichrist. Mais cela ne semble pas être le cas ici. Vraisemblablement, ici, la bête représente un royaume composé d’une multitude d’hommes. Elle est semblable à un léopard (Yavan), elle a des pieds d’ours (Médo-Perse) et possède une gueule de lion (Babylone). Cette bête semble donc être un conglomérat des empires décrits dans Daniel 7 et représente un empire et non l’antichrist comme la plupart l’enseignent. Le livre de Daniel nous révèle que l’antichrist est une petite corne (Daniel 7.7) qui surgira de dix cornes que porte la quatrième bête – l’empire final. Daniel nous révèle aussi que les dix cornes sont dix rois (Daniel 7.24). Le livre de l’Apocalypse nous parle d’une première bête qui monte de la mer et qui possède dix cornes (Apocalypse 13.1). Ces dix cornes sont dix rois (Apocalypse 17.12). Par analogie avec les versets de Daniel 7.7-8, 7.24, la première bête décrite ici semble représenter le dernier empire, et ses dix cornes, dix rois. De l’une de ces dix cornes surgira une « petite corne » qui aura autorité sur les autres cornes. De toute évidence, l’antichrist n’est pas la « bête qui monte de la mer ». Il est l’une des dix cornes de cette bête.

[4] Ce nom pourrait être « Allah hu akbar », une expression arabe, utilisée dans l’islam qui signifie « Allah est [le] plus grand ».

[5] Beaucoup lisent ce passage sans vraiment tenir compte du langage géographique qui est pourtant très clair dans ce verset. Certains enseignent que ce verset parle de l’Empire romain ou de l’Europe tandis que d’autres y voient des nations modernes telles que la Russie, la Grande-Bretagne, et même les États-Unis. Quand on réalise qu’il est question ici d’une zone géopolitique déjà mentionnée dans les Écritures, cela met fin à toute spéculation. Cette zone comprend les trois premiers royaumes de la bête décrits en Daniel 7. Bibliquement parlant – et sur le plan historique – les trois premiers empires de Daniel 7 représentent l’Empire babylonien, l’Empire médo-perse et l’Empire grec. À la lumière de Daniel 8 et 11, Apocalypse 13 semble faire référence à la division séleucide (syrienne) de l’empire. Nulle part dans la Bible ces entités ne changent. Tout au long des Écritures, le lion fait référence à Babylone ou à l’Irak ; l’ours au royaume médo-perse ou à l’Iran ; et le léopard à l’Empire grec (Yavan), plus précisément à la Turquie, la Syrie, et au Liban. L’épicentre des Écritures – et de toutes les prophéties bibliques – est Israël/Jérusalem. Il n’est pas question de Rome, des États-Unis, de l’Union européenne ou de quelconques autres pays, contrairement à ce que la plupart enseignent. Dans ce chapitre, il est question de deux bêtes (versets 1 et 12). La première bête – qui représente un royaume – a sept têtes. Ces têtes représentent très probablement tous les royaumes ou empires (cf. Apocalypse 17.9-10) qui ont régné sur Israël/le Moyen-Orient, y compris sur Jérusalem au cours de l’Histoire. Si tel est le cas, les six premières « têtes » sont :

1) L’Empire égyptien

2) L’Empire assyrien

3) L’Empire babylonien

4) L’Empire perse

5) L’Empire grec

6) L’Empire romain.

Le 7ème empire n’est pas une renaissance du 6ème empire – l’Empire romain – comme la majorité le suggère. Apocalypse 17 nous donne tous les éléments nécessaires pour bien comprendre de quel empire il s’agit. Il s’agit du même empire dont l’antichrist sera ensuite issu (le 8ème et dernier empire). Le 7ème empire qui a contrôlé toute la région moyenne-orientale est l’Empire islamique, dont l’Empire ottoman a été la dernière incarnation (cet Empire islamique a contrôlé Jérusalem à partir du 7ème siècle, jusqu’en 1923, lorsque le califat a été aboli).

[6] Le Dragon, c’est-à-dire Satan, l’adversaire, le diable.

[7] Apocalypse 2.13 nous révèle précisément l’endroit où est situé le trône de Satan : Jean le situe dans la ville de Pergame en Asie Mineure (la Turquie actuelle). Cet élément nous permet d’identifier l’identité du dernier royaume qui forme la première bête : l’Empire ottoman. Ézéchiel 38 nous parle d’une coalition de nations menée par l’actuelle Turquie qui attaquera Israël dans la fin des temps ; Joël 3.6 parle « des enfants de Juda et de Jérusalem » vendus par « Tyr et Sidon » (le Liban/ Hezbollah) et par les « Philistins » (la bande de Gaza/Hamas) aux « enfants de Yavan » (la Turquie). Zacharie 9.13 met en scène Yavan et Israël (Juda et Éphraïm) en train de combattre dans le contexte de la fin des temps.

[8] La tête qui est blessée est la septième tête qui correspond au septième empire historique (voir Apocalypse 17.10-11) – qui culmine avec l’Empire ottoman, le dernier Empire islamique à avoir la mainmise sur tout le Moyen-Orient, y compris la terre d’Israël. Se pourrait-il que l’abolition du califat en 1923 corresponde à la « blessure mortelle » de l’une des têtes de la bête ? Cela semble très probable. Aujourd’hui, le monde musulman – et plus particulièrement la Turquie de Recep Tayyip Erdoğan – souhaite la restauration du Califat…pour 2023 (date symbolique qui marque le 100ème anniversaire de l’abolition du califat) ! L’Empire ottoman, basé en Turquie a été coupé/aboli, mais pas détruit. Il est en train de renaître et de guérir alors que l’islam cherche à rétablir son contrôle sur le monde avec Jérusalem comme objectif final.

[9] Dans le contexte, ici, « toute la terre » fait probablement référence à l’ensemble du monde islamique. La plupart des chrétiens et des Juifs dorment à poings fermés. Il est possible qu’ils ne reconnaissent la bête ottomane qu’une fois qu’elle sera ressuscitée et guérie, et qu’elle sera passée à l’action. Si cette interprétation est correcte, nous pouvons nous attendre à la résurrection de l’Empire ottoman turc, ou tout du moins à la résurrection de l’office du califat avec la nomination d’un nouveau Calife. Lorsque l’on sait qu’aux yeux des musulmans, le Calife représente le « Pape » de l’islam, et lorsque l’on réalise qu’après plus de quatorze siècles les musulmans n’ont plus de calife depuis bientôt cent ans ; si un nouveau calife venait à « ressusciter », cela entraînerait l’admiration et l’allégeance à ce personnage de la part des musulmans du monde entier.

[10] La bête islamique – qui peut être soit un royaume, un système (l’islam) ou un homme (l’antichrist) – émergera d’une nation du Moyen-Orient. L’antichrist sera considéré comme le « sauveur » par les musulmans. Il ne viendra pas au nom de  Yahweh. Au lieu de cela, il proclamera des noms de blasphème, en particulier la marque de son royaume, le nom d’Allah et de Mahomet, son faux prophète. Ces deux noms sont des noms de blasphème contre Yahweh et son fils, Yéshoua.

[11]  En se prosternant cinq fois par jour en direction de la Mecque – la prostituée de Babylone (voir Apocalypse 17) – les fidèles se prosternent devant le dragon (Satan/Allah) et son royaume (la bête qui monte de la mer).

[12] De toute évidence, le royaume de la bête aura une très grande puissance militaire.

To be continued….


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