Apocalypse 13 (Suite) : La seconde bête

Poursuivons notre lecture d’Apocalypse 13. Tous les commentateurs voient dans ce chapitre d’Apocalypse deux personnages : l’antichrist (la bête qui sort de la mer) et le faux prophète (la bête qui sort de la terre). Si cette interprétation est correcte, alors nous pouvons nous attendre à voir deux personnages principaux se lever dans la fin des temps : l’antichrist ET le faux prophète. Un des problèmes de cette lecture est le fait que tous les écrits de l’Ancienne Alliance pointent en direction d’un seul et unique personnage dans la fin des temps : l’antéchrist. Aucune mention n’est faite d’un second personnage inique. Les commentaires de la BRH proposent une lecture alternative…

Apocalypse 13.11.15

La deuxième bête

11 Et je vis une autre bête monter de la terre,[1] qui avait deux cornes[2] semblables à [celles] d’un agneau, et elle parlait comme le dragon.[3] [4] 12 Et elle exerce tout le pouvoir de la première bête devant elle, et elle fait [en sorte] que la terre et ceux qui y établissent leur maison se prosternent devant la première bête,[5] dont la blessure de sa mort avait été soignée.[6]

13 Et elle fait de grands signes, même jusqu’à faire descendre du feu du ciel sur la terre, devant les hommes.[7] 14 Et elle trompe ceux qui établissent leur maison sur la terre à cause des signes qu’il lui a été donné de faire devant la bête, disant à ceux qui établissent leur maison sur la terre de faire une image de la bête qui avait été blessée par le glaive et [qui avait] survécut.15 Et il lui fut donné de donner un esprit à l’image de la bête afin que l’image de la bête parle[8] et qu’elle fasse que ceux qui ne se prosternent[9] pas devant l’image de la bête soient mis à mort.[10]


[1] L’interprétation traditionnelle de ce passage voit ici l’apparition d’un second personnage appelé le « faux prophète ». La plupart enseignent que la première bête qui sort de la mer est l’antichrist et que cette seconde bête qui sort de la terre est le faux prophète. Cette interprétation n’est peut-être pas la bonne pour plusieurs raisons. Ici, la  bête monte de la terre. Il s’agit d’une allégorie prophétique qui indique que cette bête s’élèvera d’entre les hommes. L’homme est créé de la terre et retournera à la terre (cf. Genèse 2.7, 3.17). La première bête représente un royaume, ici nous avons plus probablement affaire au personnage qui sera à la tête de ce royaume, c’est-à-dire à l’antichrist.

[2] Cet homme possédera deux cornes semblables à celles d’un agneau. Il veut se faire passer pour l’Agneau de Dieu/le Messie, pour le sauveur – mais ce sera l’anti Messie. La corne symbolise le pouvoir et la royauté. Les deux cornes pourraient symboliser le règne de cet homme sur le monde sunnite et chiite. Si tel est le cas, cette seconde bête sera le « sauveur » tant attendu par le monde musulman – le Mahdi (également appelé le « douzième Imam ») de l’ultime Califat ressuscité.

[3] La seconde bête parle comme le dragon. À l’instar de l’antichrist, la « petite corne » décrite en Daniel 7.8, la seconde bête aura une grande arrogance et parlera « comme le dragon ». Daniel 7.8 : « Je considérai les cornes, et voici, une autre petite corne sortit du milieu d’elles, et trois des premières cornes furent arrachées devant cette corne ; et voici, elle avait des yeux comme des yeux d’homme, et une bouche, qui parlait avec arrogance ». L’antichrist sera habité par le diable/le dragon. Et parlera comme lui.

[4] L’antichrist apparaît sous plusieurs appellations dans les Écritures : la « semence du serpent » (Genèse 3.15) ; « Gog « (Nombres 24.7 ; Ézéchiel 38.3) ; « le roi de Babylone » (Isaïe 14.4) ; « l’Assyrien » (Isaïe 10-5-6 ; Michée 5.5b,6) ; « Lucifer fils de l’aurore » (Isaïe 14.12) ; « le dévastateur » (Isaïe 21.2) ; « le prince de Tyr » (Ézéchiel 28.2) ; « Pharaon » (Ézéchiel 29.2) ; « le roi de l’Égypte » (Ézéchiel 29.3) ; « la petite corne » (Daniel 7.8) ; « le roi du Nord » (Daniel 11.6) ; « l’homme de péché ou sans torah » (2 Thessaloniciens 2.3) ; « le fils de la perdition » (2 Thessaloniciens 2.3)  ; « l’impie ou le sans torah » (2 Thessaloniciens 2.8) ; « le faux prophète » (Apocalypse 16.13 ; 19.20 ; 20.10). À noter qu’à travers toutes les Écritures, il n’est question que d’un seul personnage habité par Satan : l’antichrist, et non de deux (l’antichrist + le faux prophète).

[5] La seconde bête (l’antichrist) et le faux prophète ont le même rôle, car tout semble indiquer que le faux prophète = l’antichrist. Apocalypse 19.20 « (…) et avec elle [la première bête] le faux prophète [la seconde bête/l’antichrist], celui qui faisait des signes devant elle [la première bête], par lesquels il avait égaré ceux qui avaient pris la marque de la bête, et qui s’étaient prosternés devant son image ».

[6] Allégeance au royaume islamique, à la résurrection du Califat.

[7] La seconde bête et l’antichrist opèrent tous deux des prodiges pour séduire les habitants de la terre : 2 Thessaloniciens 2.9-10 : « L’apparition de cet impie [l’antichrist] se fera, par la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, et avec toutes les séductions de l’iniquité pour ceux qui périssent parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés ».

[8] L’image de la bête est une idole qui représente le système de la bête – l’islam. L’image de la bête qui parle pourrait faire référence aux muezzins qui utilisent des haut-parleurs pour l’appel à la prière islamique cinq fois par jour. Ces haut-parleurs sont placés non loin d’un croissant de lune, une idole islamique, elle-même installée sur les minarets des mosquées. Partout dans le monde, les musulmans se prosternent pour adorer le dieu de l’islam. Si tel est le cas, cette image de la bête, l’idole qui représente la bête, aura la faculté d’émettre des sons. Lorsqu’elle « parlera » pour l’appel à la prière, tous ceux qui refuseront de se prosterner devant elle seront mis à mort.

[9] Pour beaucoup, la bête doit être considérée comme un dieu parce qu’elle est adorée. Mais cela n’est pas nécessairement le cas. En grec, le mot employé pour « adorer » est le mot proskuneõ. Dans les Écritures, ce mot comporte plusieurs significations : baiser la main en signe de révérence, tomber à genoux et toucher le sol avec le front pour exprimer un profond respect, s’agenouiller ou se prosterner, pour rendre hommage (à quelqu’un). Ici, il pourrait simplement être question de ceux qui seront sous la soumission de l’antichrist et de son empire. L’islam exige des musulmans un serment d’allégeance connu sous le nom de bay’ah envers tout calife (dirigeant du monde islamique). Tout refus est passible de mort. Si l’on envisage l’antichrist comme un calife musulman qui se moque du Dieu d’Israël, qui exige une allégeance absolue de la part de ses disciples, et qui exige que tout le monde adore Allah, le dieu de l’islam, cela ne contredirait en aucun cas les passages clefs qui parlent de l’antichrist et de ses exigences. Ainsi, l’antichrist imposerait à ceux sous sa domination une parfaite soumission, et Satan, le dragon (Allah) serait adoré.

[10] Le mot « Coran » veut dire « récitation » – littéralement, parler. Comme nous le dit le passage en Apocalypse 13.15, « l’image de la bête » parle et tous ceux qui n’adorent pas l’image de la bête sont tués. Il en est de même d’après le Coran : tous ceux qui osent dire quelque chose de négatif au sujet de l’islam/de la Oumma/du Coran/du (faux) prophète, Mahomet doivent être tués (cf. les sourates 4.89-91 ; 5.33 ; 9.11). Des « fatwas » (édits religieux) sont régulièrement émises par des imams à l’encontre de quiconque parle contre l’islam. Même les musulmans « modérés » qui parlent contre l’islam radical risquent la mort. Ce n’est sûrement qu’un avant-goût de ce qui vient à plus grande échelle. En quelque sorte, pour les adeptes du fondamentalisme islamique, le Coran « prendra vie ». Dans leur esprit, la renaissance du califat ou l’arrivée du Mahdi sera comme un « accomplissement miraculeux » de la « parole d’Allah ». Des musulmans partout dans le monde seront alors prêts à conquérir le monde pour la Oumma. Ceux qui adorent la bête seront obligés de faire ce que le Coran commande à l’encontre de tous ceux qui osent insulter l’islam et Mahomet : ils seront mis à mort.

Dans le prochain article, nous regarderons de plus près la marque de la bête…

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